Un couple suspendant ses vêtements à l’extérieur

Vivez bien, vivez mieux

Conseils de professionnels pour réduire votre empreinte écologique.

Virage vert
Lecture : 5 minutes

Responsable des pratiques environnementales dans une grande société canadienne, Jen McLaughlin vit dans le Sud de l’Ontario avec son mari Joey et leur fils de quatre ans. Très en vogue, son blogue, Jen and Joey Go Green, présente des conseils pratiques pour mener une vie écologique.

EV: Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour l’environnement?

J. M.: Quand j’étais toute petite, nous passions nos étés à faire du camping et de la randonnée. J’ai donc toujours aimé la nature, et je voulais faire tout ce qui était en mon pouvoir afin de la préserver pour les générations à venir. Un jour, au secondaire, j’étais assise au bord d’une rivière à compter des plants de salicaire pourpre pour un projet de science et je me suis arrêtée pour contempler le paysage qui m’entourait. C’est comme si un déclic s’était produit à ce moment : je savais que je voulais m’en aller en environnement. À l’université, j’en ai appris davantage sur les liens étroits entre les éléments d’un écosystème et j’ai compris que chaque geste, aussi petit soit-il, pouvait avoir un effet, positif ou négatif. J’ai décidé de vivre une vie simple remplie de milliers de petits gestes concrets, en espérant qu’au final, ceux-ci auraient une grande incidence. 

Jen McLaughlin, blogueuse écologiste
Jen McLaughlin blogue au www.jenandjoeygogreen.com.
Photo : Joey McLaughlin.

 

Quand mes amis, ma famille et mes collègues ont remarqué mon mode de vie, ils se sont mis à me demander des conseils sur le passage au vert. C’est de là qu’est né mon blogue. 

EV : Quelle approche adoptez-vous lorsque vous planifiez des projets à la maison?

J. M. : Nous commençons toujours par regarder l’incidence globale qu’aura notre projet sur l’environnement et par sortir des idées visant à transformer les effets négatifs en effets positifs. Pour notre projet de piscine d’eau salée, par exemple, nous avons trouvé plusieurs moyens de réduire notre consommation d’énergie. Nous avons installé une pompe à vitesse variable qui ne fonctionne pas aussi souvent qu’une pompe traditionnelle; elle est aussi homologuée Energy Star et n’utilise que l’énergie nécessaire selon nos paramètres. 

Piscine d’eau salée
Cette piscine d’eau salée à énergie solaire consomme moins et est plus écologique qu’une piscine ordinaire. Photo : Jen McLaughlin.

 

De plus, au lieu d’utiliser un chauffe-eau au gaz, nous avons installé des panneaux solaires : notre pompe pousse ainsi l’eau dans des tuyaux fixés sur le toit, où le soleil la réchauffe, puis à nouveau dans la piscine.Quand la température programmée est atteinte, la pompe s’arrête. Cette technique nous permet de réduire notre consommation d’énergie et d’économiser environ 400 $ par mois lorsque nous utilisons la piscine.

EV : Quelles mesures avez-vous prises, votre famille et vous, pour économiser de l’énergie?

J. M. : Bien souvent, c’est plus une question de changer ses habitudes que d’investir. Se couvrir d’un chandail chaud, de bas ou d’une couverture en hiver, mieux contrôler la température de la maison, utiliser des ventilateurs de plafond, éteindre les lumières et les appareils électroniques lorsqu’on ne les utilise pas, réduire la température du chauffe-eau, étendre le linge : voilà des habitudes bien simples qui permettent de réduire la consommation d’énergie. Nous utilisons également un thermostat programmable et des rideaux bien opaques, qui facilitent le contrôle de la température dans notre salon à deux étages en bloquant le soleil en été et les courants d’air en hiver. 

Système de chauffage solaire de l’eau sur toiture
Chauffer sa piscine à l’énergie solaire, c’est économiser argent et énergie, tout en limitant le CO2. Photo : Jen McLaughlin. 

 

Nous achetons par ailleurs des appareils Energy Star comportant des fonctions supplémentaires pour nous assurer de ne pas gaspiller d’énergie. Notre réfrigérateur, par exemple, nous avertit lorsqu’une porte reste ouverte. Enfin, nous avons installé des détecteurs de mouvement dans les armoires, le garde-manger et certains corridors, de sorte que les lumières s’allument quand on y entre et s’éteignent après quelques secondes s’il n’y a plus de mouvement. 

EV : Quel effet le «passage au vert» a-t-il eu sur votre portefeuille?

J. M.: Être écolo, c’est au final très rentable. Acheter des produits de seconde main, réparer au lieu de remplacer, faire du suprarecyclage, fabriquer ses produits de nettoyage et produire sa propre nourriture, ce sont des moyens bien simples d’économiser de l’argent tout en vivant de façon écoresponsable. L’an dernier, je me suis acheté une voiture électrique pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. De prime abord, je n’ai pas payé plus cher que pour un autre véhicule et j’ai pu économiser davantage grâce aux remises du gouvernement. Mais c’est sans compter que j’épargne tous les mois : auparavant, je dépensais environ 400 $ par mois en gaz; maintenant, je paie 50 $ pour charger ma voiture à la maison. Je n’ai par ailleurs pas à faire de changement d’huile, et le fabricant défraie mon inspection annuelle. 

EV : Que conseilleriez-vous à ceux qui souhaitent faire des choix verts?

J. M.: Concentrez vos efforts sur ce que vous pouvez vraiment changer et ce qui est raisonnable dans votre situation. Si vous êtes passionné, vous aurez plus de chances de vous investir à fond, alors cherchez à améliorer les points qui vous tiennent le plus à cœur. 

Commencez par de petits gestes et essayez de comprendre où vous vous situez par rapport à une question en particulier. Faites l’inventaire de vos produits nettoyants et vérifiez leur degré de toxicité dans la base de données de l’Environmental Working Group.  Ou encore, faites un contrôle de vos déchets résidentiels pour trouver des moyens d’en réduire la quantité

Jen McLaughlin, blogueuse écologiste
Jen McLaughlin, blogueuse écologiste et spécialiste en développement durable. Photo : Joey McLaughlin.

 

 

Suivez Jen sur Twitter (@JnJGoGreen) ou sur son blogue, à jenandjoeygogreen.com.

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