Vraiment écolo la voiture électrique?

On examine leur cycle de vie pour établir si les voitures électriques valent le prix demandé.

Virage vertRéduction des coûts
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Depuis longtemps, on proclame que les voitures électriques et hybrides sont plus écologiques que les voitures à essence. Mais jusqu’à quel point le sont-elles vraiment? Nous avons examiné tous les aspects, de la fabrication jusqu’à la consommation d’énergie, pour établir si les voitures électriques valent le prix demandé.

Malgré le faible prix de l’essence, les consommateurs continuent d’être attirés par les véhicules plus écologiques. Selon une étude récente de l'Université Simon Fraser, plus du tiers des Canadiens étaient disposés à acheter un véhicule électrique ou hybride, avec un penchant marqué pour les véhicules hybrides. Les gouvernements de l’Ontario et du Québec offrent des subventions et des incitatifs aux personnes qui achètent un véhicule électrique. Certains stationnements d’installations publiques offrent la recharge gratuite, ainsi que des tarifs préférentiels de stationnement aux véhicules hybrides et électriques. De fait, le 10 février 2016, le gouvernement de l’Ontario a prolongé et élargi son programme. Les voitures électriques fabriquées sont de plus en plus écologiques, les fabricants devant répondre à la demande des consommateurs qui se soucient de durabilité.

Toutefois, il faut comprendre que la voiture électrique n’est pas la solution magique pour réduire les émissions de carbone. En effet, elle n’est qu’un élément de la transformation requise pour assurer la protection durable de l’environnement.

Selon certains environnementalistes, l’influence de la voiture électrique est surestimée. En réalité, la fabrication des voitures électriques génère une empreinte d’environ 8,8 tonnes de carbone comparativement aux 5,6 tonnes requises pour un véhicule à essence. Cet écart est partiellement attribuable à l’extraction minière du lithium requis pour les batteries des voitures électriques, un processus qui nuit à l’environnement.

Si on examine le bilan carbone total d’un véhicule de sa fabrication jusqu’à sa fin dans un cimetière de voitures, le véhicule électrique fait à peine mieux que les voitures à essence dans certaines régions. Le facteur le plus déterminant pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est la source d’énergie utilisée pour les recharges. Aux États-Unis, l’électricité utilisée pour propulser le véhicule provient de combustible fossile. Lorsque les recharges des voitures électriques proviennent d’énergie verte, les voitures électriques affichent le meilleur bilan.

Une étude réalisée en 2015 par un ingénieur de l’Université de Toronto, Christopher Kennedy, a révélé que les voitures électriques ne constituent pas un bon moyen de réduire les émissions de carbone, à moins que l’énergie utilisée pour les propulser représente une quantité de carbone inférieure au seuil de 600 tonnes par gigawatt heure d’électricité générée.

À 600 tonnes, les voitures à essence et les voitures électriques auront des émissions de carbone équivalentes. Ainsi, grâce à l’électricité et à l’énergie nucléaire, c’est seulement en Ontario, au Québec, en Colombie-Britannique et au Manitoba qu’il sera bénéfique pour l’environnement qu’un Canadien roule dans une voiture électrique.